L'Art de perdre

avril 2018

Livre de Alice ZENITER.

Ce “roman” nous parle avec émotion de destins brisés en cette période difficile de l’ histoire de France, des éclaboussures de la colonisation, des difficultés de l’exil et du déracinement mais encore de la place que prennent dans ces péripéties l’héritage familial et l’amour filial.
Le style enlevé de l'auteure nous plonge, avec plaisir et presque avec passion, au plus près de ce que vivent trois générations d’une même famille – en Algérie, dans les différents camps en France, dans la ZUP de Flers de l'Orne (que je connais un peu pour y avoir vécu 5 à 6 ans dans la décennie suivante) et enfin dans la Capitale.
C’est donc à la fois un retour sur la guerre d’Algérie et son cortège de dérives et sur les questions de l’immigration (déracinement, intégration, racisme…).
Ceci étant dit, il me semble que Ali (le grand père de Naïma) n’était pas un “harki” puisque non engagé comme combattant dans une “harka” aux côtés de l’armée française.
L’exposé du quotidien, dans quelques endroits que ce soient, est brossé avec justesse et vérité.
La recherche par Naïma, de ses racines, peut avoir quelque chose d’émouvant.
Mais j’ai trouvé que, dans ce retour commandé par les raisons professionnelles, l’écriture s’essoufflait jusqu’à devenir ennuyeuse comme cherchant l’aboutissement final de cette histoire.
En somme c’est un grand roman qu’il faut, malgré une fin inégale, lire pour se remémorer, s’il en est besoin, cette période pénible de l’OAS et du FLN .


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