H

Gary COOPER

était un acteur américain né le 07/05/1901 à Helena (Montana / États-Unis) et décédé le 13/05/1961(60 ans) à Beverly Hills (Californie / États-Unis) (cancer de la prostate).
Figure majeure du cinéma américain des années 1930-1950, Gary COOPER est pendant ces deux décennies un des plus grands champions du box-office aux États-Unis et dans le monde. Ses films engrangent plus d'une centaine de nominations diverses et il est personnellement nommé à cinq reprises pour l'Oscar du meilleur acteur (il reçoit la statuette deux fois, en 1942 et 1953). En 1961, James STEWART accepte en son nom un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, et sa mort, la même année, sonne la fin de « l'âge d'or de Hollywood ». En 1999, l'American Film Institute le désigne 11e plus grande star masculine de tous les temps.
Fils d'un juge et propriétaire terrien, d'origine irlandaise, Franck passe sa petite enfance dans un ranch dans une région verdoyante du Montana, surnommée "la vallée du dernier espoir" avant d'être envoyé à 8 ans dans un pensionnat britannique où l'on moque son allure de paysan. C'est tout d'abord, vers le journalisme qu'est attiré le jeune COOPER. Mais, également passionné de dessin et de peintures, il est encouragé, pour financer ses études d'art, à faire le comédien.
Il devient cascadeur sur les westerns muets de Tom MIX, il se montre lunaire, naïf. Au point qu'on le prend pour un demeuré. Mais celui qui s'est rebaptisé Gary COOPER passe le test de la caméra sans difficulté. Découpant sa longue silhouette sur fond de grands espaces, décuplant le magnétisme de son regard bleu clair, l'objectif semble l'aimer et apprécier son jeu intense et sans effets.
Engagé en 1927 par la Paramount, ce garçon immature parfait son éducation auprès des actrices les plus sexy du moment. De Clara BOW à Marlene DIETRICH, toutes, selon le réalisateur Stuart HEISLER, "se battent pour le mettre dans leur lit." Billy WILDER, qui le dirigera dans Ariane (1957), dira de lui : "c'était un homme d'une élégance volontairement négligée. Mais il fonçait et avait ce truc avec les femmes : il les laissait parler et les écoutait."
Il est découvert par le metteur en scène Henry KING, lequel lui confie son premier rôle important dans The Winning of Barbara Worth (1926).
Devenu star avec le western Le Virginien (1929), COOPER s'illustre bientôt en militaire héroïque, de L Adieu aux armes (1932) et Les Trois lanciers du Bengale (1935). Le parlant, qui révèle l'assurance de sa voix, au débit lent et au timbre chaud, enrichit son personnage. Si, pour John BARRYMORE : "Ce gars est le plus grand acteur du monde parce que nous mettons une vie à devenir ce qu'il est : un acteur né", COOPER se sent dépassé. Au point de s'octroyer une année sabbatique en Europe, où il devient le compagnon de la comtesse Dorothy di Frasso, qui lui ouvre les portes des clubs les plus selects du Vieux Continent.
Son naturel et son aisance face aux caméras lui valle l'admiration de ses collègues hollywoodiens. Son indéniable charme lui attira les grâces du public féminin dont il devient l'un des héros favoris. Tous ces honneurs n'opèrent pourtant jamais le moindre changement dans sa manière d'être. Toujours discret, voire timide, l'acteur est un véritable exemple que les jeunes comédiens d'aujourd'hui éprouveraient quelques difficultés à suivre...
Revenu en Amérique métamorphosé, Gary épouse Veronica BALFE, héritière new-yorkaise, et décline son image de séducteur malgré lui dans une série de classiques, du marivaudage de Sérénade à trois (1933) à la fable humaniste de L'Homme de la rue (1941). Devenu, en 1939, le salarié le mieux payé des Etats-Unis, l'acteur n'est pourtant pas infaillible. Il rejette ainsi le premier rôle de La Chevauchée fantastique (1939), pronostique l'échec d'Autant en emporte le vent (1939), ne s'engage pas dans l'armée après Pearl Harbor et, proche d'associations d'extrême droite, n'hésite pas à être auditionné comme "témoin amical" après-guerre, lors de la chasse aux sorcières.
Sur le plateau du film Le Rebelle (1949), il tombe fou amoureux de sa partenaire Patricia NEAL. Leur liaison prend fin quand l'actrice, enceinte, est poussée par Gary à avorter et comprend qu'il ne divorcera jamais. Retrouvant son épouse et leur fille, l'acteur est brisé. Souffrant d'ulcères et d'une hernie, il aborde, le tournage du film Le Train sifflera trois fois (1952) le moral en berne. Ce western offre à COOPER l'une de ses plus belles compositions et après Sergent York (1941), un deuxième Oscar. Mais pour la star, il est déjà tard. Son jeu minimaliste n'a plus le même éclat. Il joue encore dans Vera Cruz (1954) et L Homme de l Ouest (1958), les cow-boys avec conviction.
Bientôt, il est marqué par la douleur, un cancer de la prostate puis des os le condamne à une mort prématurée. Quand le 13 mai 1961, Gary COOPER rend l'âme, à Beverly Hills en Californie, l'Amérique tourne d'une certaine façon la page, perdant avec lui un peu de sa candeur.
(Notre Cinéma - 2026)
Retour vers :

B